Une histoire supprimée et oubliée – l’origine huguenot du Québec

Les premiers explorateurs et colons de la Nouvelle-France étaient des protestants. Ce n’est pas quelque chose que j’ai appris à l’école ; je ne crois pas qu’on l’enseigne encore aujourd’hui, l’Église Romain Catholique ayant presque réussi à effacer toute mention des protestants de la mémoire collective du peuple québécois.

L’Église Réformée de France semble avoir commencé lorsque quelques restes des Vaudois et des Albigeois se sont convertis au calvinisme. Jean Calvin était un Français qui devint le chef de la Réforme à Genève. Les adhérents de cette foi étaient connus sous le nom de huguenots, un nom dont l’origine est encore incertaine. Il fut un temps où les huguenots représentaient de 15 à 20 pour cent de la population française. Puis, il suivit près de deux siècles de conflits, de massacres et de guerres, alors que l’Église catholique tentait d’éliminer le protestantisme en France et les huguenots ripostaient.

Les huguenots français fuyant la persécution se dispersèrent dans le monde entier. Les pêcheurs bretons connaissaient les Grands Bancs de Terre-Neuve depuis des générations et certains huguenots ont commencé à rêver d’une nouvelle patrie à travers l’océan.

En 1534, Jacques Cartier de Saint-Malo commença l’exploration de la Nouvelle-France. On prétend que Cartier était catholique, bien qu’il soit issu d’une famille huguenote et que son expédition ait été financée par Philippe de Chabot, un huguenot. La première colonie huguenote fut établie en 1540 à Cap-Rouge, près de la ville actuelle de Québec, par Jean-François de la Roque, sieur de Roberval, huguenot. Cette colonie fut abandonné en 1543.

Une autre colonie de courte durée a été établie sur l’île aux Sables en 1598 et une autre à Tadoussac en 1600. La première colonie permanente était à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse en 1604, dirigée par Samuel de Champlain. Son affiliation religieuse est incertaine, mais il épousa plus tard Hélène Boulé, huguenot, son expédition fut financée par Pierre de Gua, Sieur des Monts, huguenot, et le seul clergé de cette expédition furent huguenots.

En 1610, Champlain établit une seconde colonie à Québec, à nouveau financé par le Sieur des Monts. L’un des colons, Marc Lescarbot, un huguenot, est appelé le premier fermier au Canada. Les frères Guillaume et Émery de Caën, huguenots de France, détenaient le monopole du commerce des fourrures en Nouvelle-France jusqu’en 1627.

Les forces catholiques de répression en France finirent par avoir leur effet en Nouvelle-France. Le monopole du commerce des fourrures a été transféré à la Compagnie des Cent Associés, tous catholiques. Une autre émigration huguenote de France était interdite, les jésuites étaient envoyés en Nouvelle-France et la vie devenait de plus en plus difficile pour les huguenots en Nouvelle-France.

Certains hommes ont commencé à chercher la liberté dans les bois et les rivières, poussant l’exploration et le commerce des fourrures vers de nouvelles frontières. On les appelait coureurs-du-bois et voyageurs. Beaucoup de leurs noms nous sont inconnus, mais deux sont nommés dans tout livre d’histoire du Canada : Pierre Esprit Radisson et Médard Chouart de Groseillières. Leurs voyages les ont emmenés dans ce qui est maintenant l’Ouest du Canada et ils ont découvert qu’il y avait une vaste région où toutes les rivières s’écoulaient dans la baie d’Hudson.

Ils sont retournés en France pour essayer de réclamer cette zone pour la France et d’établir un monopole de la traite des fourrures sur toute la région. Ils ont rencontré un refus en France, peut-être parce qu’ils étaient huguenots, puis se sont tournés vers l’Angleterre. En 1670, la Compagnie de la Baie d’Hudson a été formée et était doté de tous les terrains dont les rivières s’écoulaient dans la baie d’Hudson.

Il semble qu’un reste du protestantisme soit survécu jusqu’à la conquête anglaise en 1759. En 1741, le clergé catholique se plaignit à trois reprises que les autorités locales autorisaient encore les réfugiés huguenots à pénétrer dans la colonie.

Après la conquête, l’Église catholique a continué à renforcer son contrôle sur la population francophone. L’église dirigeait toutes les écoles, alors, quand une famille s’est convertie au protestantisme, leurs enfants ne pouvaient plus aller à l’école. Si le père était un ouvrier, il perdrait probablement son emploi. S’il était un homme d’affaires, il perdrait sa clientèle. Ainsi, la plupart des personnes qui se sont converties au protestantisme ont été forcées de quitter la province ou d’être assimilées à une communauté anglophone de la province. Cela a permis à l’Église catholique de prétendre être le seul défenseur de la langue et de la culture françaises.

L’œuvre missionnaire protestante au Québec par les missionnaires de France et de Suisse a commencé dans les années 1830. C’était un travail lent et difficile, mais ils ont créé un certain nombre de nouvelles assemblées francophones. La Révolution Tranquille de 1960 a ouvert la porte à une croissance rapide des églises protestantes francophones.

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À propos de Bob Goodnough

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