Être dans le monde, non pas du monde

Avec le Nouveau Testament une nouvelle idée a été lancée ; le monde a été traité à un concept nouveau et révolutionnaire de la société, à savoir que les hommes peuvent s’accorder dans la place du marché, même si elles n’adorent pas au même sanctuaire. Le Nouveau Testament conçoit de l’humanité comme une chose composite ̶ qui est composée de factions. Il suppose que certains hommes célèbrent la même croix sur lesquelles les autres hommes trébuchent… Et il suppose que telle diversité sur le plan de la religion ne signifie pas cacophonie sur la place publique. Il pense que, même si les hommes diffèrent essentiellement et radicalement au sujet du lieu d’adoration, ils ne doivent pas se heurter dans la place du marché.

Dans cette nouvelle façon de regarder une société, il est clairement impliqué qu’il y a des ressources dans le cœur humain non encore régénéré… qui sont adéquats pour les affaires de l’État, les loyautés qui sont adéquates pour le niveau politique.

Dans la vision du Nouveau Testament, ce que nous appelons aujourd’hui l’État et ce que nous appelons aujourd’hui l’Église sont des organismes qui répondent aux différentes loyautés. L’État exige une loyauté que l’homme peut donner, indépendamment de son orientation religieuse, l’Église exige une loyauté que lui seul peut donner qui croit en Christ. L’État a une épée avec laquelle elle gouverne les hommes, les contraignant le cas échéant. L’Église a une épée aussi, mais elle est l’épée de la Parole de Dieu, une épée qui ne va pas plus loin que la persuasion morale.

Le Nouveau Testament n’envisage pas de difficulté dans l’accomplissement du cette division du travail – tant que les deux côtés jouent dans le registre qui leur est désignée ; il n’envisage la difficulté que lorsque l’un des deux va en dehors de sa province, comme dans Actes 4:18, lorsque les hommes dans l’uniforme de l’État disent aux gens s’ils peuvent prêcher et ce qu’ils peuvent dire. Le Nouveau Testament implique que tant que l’Église et l’État désherbent chacun dans son propre jardin, il y aura un modus vivendi acceptable.

Ce fut un nouveau perspectif, aussi nouveau pour être révolutionnaire. Le monde n’a jamais vu de semblable auparavant. Car toute la société pré-chrétienne est sacrée. Par sacrée, nous voulons dire liés par une loyauté religieuse commune. Par la société sacrée, nous voulons dire la société tenue ensemble par une religion à laquelle tous les membres de cette société se sont engagés.

Il était parce que les Juifs de l’époque de Jésus étaient pré-chrétienne, et donc incapable d’envisager une société non-sacrée, que la question, « est-il permis, ou non, de payer le tribut à César » leur semblait être un problème insoluble. Comment peut un homme, ils ont demandé, être fidèle à la communauté politique en payant ses impôts, sans pour autant être déloyal envers la communauté religieuse, l’Église ? Ils ne savaient pas de réponse à cette question. Elle les tourmentait chaque fois qu’ils s’emmêlaient avec elle. Et pour cette raison, ils ont confronté le Maître avec elle, afin qu’il puisse être gêné par elle et être mise au pied de mur. Comment grande doit avoir été leur surprise de la facilité avec laquelle Jésus, agissant sur le nouveau perspectif qu’il est venu à communiquer, a navigué à travers le dilemme avec « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est de Dieu » Dans sa façon de penser il n’y avait même pas de problème.

Il est impliqué dans la vision du Nouveau Testament que le christianisme n’est pas une chose pour créer une culture mais plutôt une qui influent sur la culture. Partout où l’Évangile est prêché la société devient composite ; donc, puisque la culture est le nom donné à l’héritage spirituel total de tout un peuple, il ne peut jamais y avoir une telle chose comme une culture chrétienne ; il ne peut y avoir que des cultures dans lesquelles l’influence du christianisme est plus ou moins apparente. Le Nouveau Testament ne dresse pas une « culture chrétienne » contre une culture non chrétienne ; il introduit plutôt un levain dans toute culture existant dans lequel il se glisse.

Le christianisme primitif a agi sur l’idée que Jésus était venu pour créer « un peuple à l’intérieur d’un peuple » ; il a compris que c’est par l’acte de foi que les hommes deviennent les Fils de Dieu, une filiation qui n’est pas simplement en continuité avec la filiation qui est par nature… Le monde du christianisme primitif était peuplé de gens qui étaient témoins et des gens à qui on a témoigne. Il a donc conçu d’une société composite, et non monolithique.

Traduit du The Reformers and Their Stepchildren, écrit par Leonard Verduin. © 1964 par Wm. B. Eerdmans Publishing Company

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À propos de Bob Goodnough

Living today in the light of history and eternity.
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